Domingo 

ו' תמוז התשפ"ו

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Méguilat Routh d’après le commentaire du Malbim (6)

רק ב א-יא

יב יְשַׁלֵּ֥ם ה֖’ פָּֽעֳלֵ֑ךְ וּתְהִ֨י מַשְׂכֻּרְתֵּ֜ךְ שְׁלֵמָ֗ה מֵעִ֤ם ה֙’ אֱלֹהֵ֣י יִשְׂרָאֵ֔ל אֲשֶׁר־בָּ֖את לַֽחֲס֥וֹת תַּֽחַת־כְּנָפָֽיו׃ יג וַ֠תֹּאמֶר אֶמְצָא־חֵ֨ן בְּעֵינֶ֤יךָ אֲדֹנִי֙ כִּ֣י נִֽחַמְתָּ֔נִי וְכִ֥י דִבַּ֖רְתָּ עַל־לֵ֣ב שִׁפְחָתֶ֑ךָ וְאָֽנֹכִי֙ לֹ֣א אֶֽהְיֶ֔ה כְּאַחַ֖ת שִׁפְחֹתֶֽיךָ׃ יד וַיֹּאמֶר֩ לָ֨ה בֹ֜עַז לְעֵ֣ת הָאֹ֗כֶל גֹּ֤שִֽׁי הֲלֹם֙ וְאָכַ֣לְתְּ מִן־הַלֶּ֔חֶם וְטָבַ֥לְתְּ פִּתֵּ֖ךְ בַּחֹ֑מֶץ וַתֵּ֨שֶׁב֙ מִצַּ֣ד הַקֹּֽצְרִ֔ים וַיִּצְבָּט־לָ֣הּ קָלִ֔י וַתֹּ֥אכַל וַתִּשְׂבַּ֖ע וַתֹּתַֽר׃ טו וַתָּ֖קָם לְלַקֵּ֑ט וַיְצַו֩ בֹּ֨עַז אֶת־נְעָרָ֜יו לֵאמֹ֗ר גַּ֣ם בֵּ֧ין הָֽעֳמָרִ֛ים תְּלַקֵּ֖ט וְלֹ֥א תַכְלִימֽוּהָ׃ טז וְגַ֛ם שֹׁל־תָּשֹׁ֥לּוּ לָ֖הּ מִן־הַצְּבָתִ֑ים וַֽעֲזַבְתֶּ֥ם וְלִקְּטָ֖ה וְלֹ֥א תִגְעֲרוּ־בָֽהּ׃ יז וַתְּלַקֵּ֥ט בַּשָּׂדֶ֖ה עַד־הָעָ֑רֶב וַתַּחְבֹּט֙ אֵ֣ת אֲשֶׁר־לִקֵּ֔טָה וַיְהִ֖י כְּאֵיפָ֥ה שְׂעֹרִֽים׃ יח וַתִּשָּׂא֙ וַתָּב֣וֹא הָעִ֔יר וַתֵּ֥רֶא חֲמוֹתָ֖הּ אֵ֣ת אֲשֶׁר־לִקֵּ֑טָה וַתּוֹצֵא֙ וַתִּתֶּן־לָ֔הּ אֵ֥ת אֲשֶׁר־הוֹתִ֖רָה מִשָּׂבְעָֽהּ׃ יט וַתֹּאמֶר֩ לָ֨הּ חֲמוֹתָ֜הּ אֵיפֹ֨ה לִקַּ֤טְתְּ הַיּוֹם֙ וְאָ֣נָה עָשִׂ֔ית יְהִ֥י מַכִּירֵ֖ךְ בָּר֑וּךְ וַתַּגֵּ֣ד לַֽחֲמוֹתָ֗הּ אֵ֤ת אֲשֶׁר־עָֽשְׂתָה֙ עִמּ֔וֹ וַתֹּ֗אמֶר שֵׁ֤ם הָאִישׁ֙ אֲשֶׁ֨ר עָשִׂ֧יתִי עִמּ֛וֹ הַיּ֖וֹם בֹּֽעַז׃ כ וַתֹּ֨אמֶר נָֽעֳמִ֜י לְכַלָּתָ֗הּ בָּר֥וּךְ הוּא֙ לַֽה֔’ אֲשֶׁר֙ לֹֽא־עָזַ֣ב חַסְדּ֔וֹ אֶת־הַֽחַיִּ֖ים וְאֶת־הַמֵּתִ֑ים וַתֹּ֧אמֶר לָ֣הּ נָֽעֳמִ֗י קָר֥וֹב לָ֨נוּ֙ הָאִ֔ישׁ מִֽגֹּאֲלֵ֖נוּ הֽוּא׃ כא וַתֹּ֖אמֶר ר֣וּת הַמּֽוֹאֲבִיָּ֑ה גַּ֣ם ׀ כִּֽי־אָמַ֣ר אֵלַ֗י עִם־הַנְּעָרִ֤ים אֲשֶׁר־לִי֙ תִּדְבָּקִ֔ין עַ֣ד אִם־כִּלּ֔וּ אֵ֥ת כָּל־הַקָּצִ֖יר אֲשֶׁר־לִֽי׃ כב וַתֹּ֥אמֶר נָֽעֳמִ֖י אֶל־ר֣וּת כַּלָּתָ֑הּ ט֣וֹב בִּתִּ֗י כִּ֤י תֵֽצְאִי֙ עִם־נַ֣עֲרוֹתָ֔יו וְלֹ֥א יִפְגְּעוּ־בָ֖ךְ בְּשָׂדֶ֥ה אַחֵֽר׃ כג וַתִּדְבַּ֞ק בְּנַֽעֲר֥וֹת בֹּ֨עַז֙ לְלַקֵּ֔ט עַד־כְּל֥וֹת קְצִֽיר־הַשְּׂעֹרִ֖ים וּקְצִ֣יר הַֽחִטִּ֑ים וַתֵּ֖שֶׁב אֶת־חֲמוֹתָֽהּ׃

 

Chapitre 2, 12-23

 

(12) Pour ce que tu as fait à ta belle-mère : « Que l’Éternel te récompense pour ton action, et pour t’être convertie, que ta rétribution soit complète, de la part de l’Éternel, qui est le Dieu d’Israël, Qui veille sur Son peuple et sur les convertis qui se joignent à eux, sous les ailes Duquel tu es venue t’abriter. » (Boaz lui fait ici allusion à un autre point. Une personne ordinaire reçoit une récompense uniquement lorsqu’elle accomplit un commandement ou s’abstient de transgresser un interdit, mais elle qui s’est convertie et a rejoint volontairement le peuple d’Israël, c’est comme si elle avait consacré et voué toute sa vie à accomplir la volonté de Dieu. Aussi, elle recevra une récompense même pour les moments où elle n’aura pas eu l’occasion d’accomplir de commandement. C’est pourquoi il lui dit : que ta rétribution soit complète —le fait même de s’être converti lui donne droit à une récompense pour tous les jours de sa vie).

 

(13) Après que Boaz lui eut expliqué pourquoi elle avait trouvé grâce à ses yeux, Routh lui dit : « Puissé-je continuer à trouver grâce à tes yeux, mon seigneur, car tu m’as consolée en me disant de venir glaner chaque fois dans ton champ, me garantissant ainsi ma subsistance. Tu as adressé au cœur de ta servante des paroles de réconfort, en me disant que ma récompense est grande pour m’être convertie. Et je ne serai pas – pourtant, moi, je ne me considère pas même comme l’une de tes servantes ; mais par tes paroles maintenant, tu m’as élevée de niveau, comme si j’étais l’une d’elles. »

 

(14) Pendant qu’ils parlaient, l’heure du repas arriva. Boaz, mangeant à table avec les moissonneurs, dit à Routh : « Viens ici, approche-toi, et assieds-toi près de moi. Tu mangeras du pain entier que je te donnerai, et tu tremperas ton morceau, du pain que je t’ai coupé, dans le vinaigre. » Mais Routh, par modestie, ne s’assit pas à la place d’honneur à côté de Boaz, comme il le lui avait proposé. Elle s’assit plutôt du côté des moissonneurs, dans un endroit moins important. Boaz lui tendit alors des grains grillés (du blé rôti), elle mangea, fut rassasiée, et il lui en resta même.

(15) Immédiatement après le repas, Routh se leva pour continuer à glaner. Boaz donna alors cet ordre à ses jeunes serviteurs : « Même entre les gerbes, laissez-la glaner, et ne l’humiliez pas – ne la surveillez pas pour voir si elle a pris une gerbe entière, comme si vous la soupçonniez de vol. Cela risquerait de l’humilier. »

 

(16) Et même, tirez pour elle quelques épis des gerbes assemblées – faites semblant d’oublier des gerbes entières afin qu’elle puisse les ramasser. (Le pauvre est autorisé à ramasser une gerbe entière oubliée par le propriétaire). Mais comme cette récolte n’était pas véritablement oubliée (et donc soumise à l’obligation de la dîme), Boaz ajouta afin d’éviter toute transgression : « Abandonnez-les réellement, rendez-les hefker (biens sans propriétaire), et elle glanera – elle pourra ainsi les prendre librement, de la manière qui lui convient. Et ne la réprimandez pas du tout », car Boaz voulait lui assurer une subsistance honorable.

 

(17) Mais Routh, dans son honnêteté, ne prit pas de gerbes entières et ne glana pas non plus dans des endroits non autorisés par la loi. Elle se contenta de glaner dans le champ jusqu’au soir. Ensuite, comme elle ne voulait pas transporter une grande quantité de céréales contenant encore la paille et les déchets, elle battit ce qu’elle avait glané pour en séparer les grains, et la quantité recueillie s’éleva à environ une épha d’orge.

 

(18) Elle souleva sa récolte et rentra en ville. Sa belle-mère vit la quantité qu’elle avait glanée, une grande quantité que les pauvres ne parviennent habituellement pas à recueillir. Routh sortit aussi les grains grillés et le pain que Boaz lui avait donnés, qu’elle avait gardés de côté après avoir été rassasiée, et les offrit à sa belle-mère. Cela n’était pas commun chez les pauvres qui glanaient des dons qui leurs étaient réservés, car ces nourritures étaient généralement données en contrepartie d’un travail.

 

(19) Sa belle-mère lui dit alors : « Où as-tu glané aujourd’hui ? Il semblerait que tu as glané toute la journée vu la quantité que tu as réussie à ramasser. Et où as-tu travaillé ? » Le pain et les grains grillés prouvent que tu as travaillé et que tu as été rémunérée. Or, comme il est impossible que tu aies à la fois glané et à la fois travaillé, il est évident que quelqu’un qui te connait t’a remarquée et fait généreusement ces dons. Et elle conclut : « Béni soit celui qui t’a reconnue ! » Routh fit connaître à sa belle-mère chez qui elle avait fait sa besogne, elle lui raconta alors que cet homme avait considéré son soutien envers sa belle-mère et sa conversion comme une bonne action faite en sa faveur, et que, souhaitant la rémunérer pour cela, il lui avait offert ces aliments. « L’homme, dit-elle chez qui j’ai travaillé aujourd’hui se nomme Boaz. » Elle souligna qu’en tant que juge et chef en Israël, il considérait sa conversion comme une faveur qu’elle lui avait faite personnellement, et c’est pourquoi il lui avait témoigné tant de générosité.

 

(20) Naomi dit à sa belle-fille : « Béni soit-il par l’Éternel, puisqu’il n’a cessé d’être bon pour les vivants, car Il subvient à nos besoins, et pour les morts ! puisqu’il va certainement épouser Routh par le lévirat et perpétuer ainsi le nom du défunt. Naomi lui dit encore : « Cet homme est de nos proches, c’est pourquoi il agit envers nous avec bonté et subvient à nos besoins, il est de nos parents, il fait partie des proches qui peuvent nous racheter. » Il est certain qu’il t’épousera en vertu du lévirat et perpétuera ainsi le nom de ton défunt mari.

 

(21) Routh la Moabite dit à Naomi, pour appuyer ses propos comme quoi Boaz agirait envers elles avec bonté, ce que Boaz lui avait dit : « Il m’a même dit : Attache-toi aux pas de mes gens, jusqu’à ce qu’ils aient achevé toute ma moisson. » Or, en réalité, Boaz lui avait demandé de se joindre aux jeunes femmes. Mais Routh, venant de Moab, ou les jeunes femmes ne s’éloignent pas des jeunes hommes, n’avait pas perçu cette distinction et avait dit « de mes gens » (au masculin). C’est d’ailleurs pour cette raison que le texte la désigne par « Routh la Moabite », pour expliquer le fait qu’elle n’avait pas compris correctement les propos de Boaz. Elle pensait qu’il avait voulu dire que si elle restait avec les jeunes hommes, l’un d’eux l’épouserait. Elle ne comprenait pas non plus encore les allusions de Naomi sur le lévirat.

 

(22) Cependant, Naomi comprit que ce n’était pas bien que Routh s’attache aux jeunes gens de Boaz, car elle voulait que Boaz l’épouse en vertu du lévirat. Elle comprit également que même l’intention de Boaz était qu’elle s’attache à ses servantes. Et Naomi dit à Routh, sa bru : « Il vaut bien mieux, ma fille, que tu ailles avec ses servantes, et non ses jeunes gens, ainsi, tu ne seras pas exposée à être mal accueillie dans un autre champ. » Littéralement, « ainsi, ils ne te porteront pas atteinte dans un autre champ », afin que tu n’éveilles aucun soupçon.

 

(23) Routh resta donc avec les servantes de Boaz pour glaner jusqu’à l’achèvement de la moisson de l’orge et du froment. Pendant ce temps-là, s’écoulèrent les trois mois que la convertie doit attendre avant d’être autorisée à épouser un homme d’Israël, et après la fin de la moisson, elle cessa de rester avec ses amies les servantes de Boaz, mais elle continuait à habiter avec sa belle-mère.

"Dijo Rabí Zeira: Esta meguilá no contiene ni enseñanzas de impureza ni de pureza, no se aprenden de ella permisos ni prohibiciones. Entonces, ¿por qué fue escrita? Para enseñarte la recompensa de quienes obran actos de bondad" (Rut Raba 2, 14).

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